Tournée du MUMO

Isère - Savoie

ANIMA

Du 6 février 2026 au 18 mai 2026

Une exposition imaginée par le Frac Auvergne en collaboration avec l’IAC – Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes. Du 6 février au 18 mai 2026,
le MuMo – Frac voyage en région Auvergne- Rhône-Alpes à travers la Savoie et l’Isère à la rencontre de 5 000 visiteur·ses, habitant·es des zones rurales et périurbaines en priorité.

C’est tout d’abord un chien au sourire éclatant qui accueille le visiteur de cette exposition tandis que non loin de là passe la silhouette d’une raie flottante dans les airs. Puis, dans un agglomérat de lignes et de couleurs émerge un crocodile aux dents acérées qui dirige ses yeux globuleux vers un chat au poing levé. Dans le fond, au cœur d’une lumière crépusculaire, apparaissent des vaches laitières évoluant dans une ferme à l’esthétique de science-fiction quand, tout près d’elles, une cage à oiseaux grande ouverte a laissé s’échapper ses occupants.
Tout au long du parcours de cette exposition, les animaux prennent vie, s’animent sous l’énergie d’un coup de crayons ou sous un halo de lumière. Ils deviennent tour à tour les personnages d’histoires fantastiques (Julian Farade) ou de scènes énigmatiques (Gregory Crewdson, Boyd Webb), les héros de récits minuscules et poétiques (Philippe Favier) comme les figures d’une nouvelle réalité enchantée (Stephen Maas).
C’est ainsi toute la richesse du monde animal que les artistes de cette exposition s’amusent à explorer, en jouant autant des nombreux fantasmes qu’il suscite qu’en affirmant la présence de l’animal et sa façon unique d’être au monde, naturellement différente de la nôtre.

Autres expositions en cours

Le règne des images


Partenaire de la compétition Labo du Festival international du court métrage, le Frac Auvergne célèbre cette édition anniversaire et présente Le règne des images, une exposition inédite faisant dialoguer courts métrages primés et œuvres issues de sa collection. Tout au long du parcours, la puissance des images s’impose tout en dessinant les contours d’une esthétique du pouvoir et de la violence.

Avec sa photographie The Dreadful Details, Éric Baudelaire confronte le spectateur à l’urgence d’une scène de guerre. Mais une lecture attentive de l’image révèle que celle-ci est en réalité le fruit d’une complète falsification, entièrement conçue dans un décor hollywoodien. Le minutieux travail de composition rejoue ici les conditions de fabrication de toute image de propagande, depuis la peinture d’histoire aux images médiatiques contemporaines, en passant par la prolifération d’images amateures sur les réseaux.
Ce sont justement à ces images et à leur violence contenue que s’intéresse la réalisatrice Randa Maroufi dans son film Le Park. Elle y évoque une tendance développée sur les réseaux en 2014 consistant pour des jeunes marocains à se filmer armes à la main avec un seul objectif : être vus. En demandant à des jeunes de rejouer ces mises en scène et en privilégiant des instants arrêtés, Randa Maroufi circule dans les images, en révèle le hors-champ pour scruter les conditions de leur fabrication et démêler le vrai du faux.
Conçu à partir de prises de vues réelles et de composition 3D, le film The Reflection of Power de Mihai Grecu met à mal les images de propagande du régime nord-coréen. A l’aide d’une esthétique postapocalyptique, statues de dirigeants et architectures démesurées sont englouties sous une inexorable montée des eaux, à la fois destructrice et purificatrice. Dans cette dystopie, la puissance du régime de Kim Jong-un appartient désormais au passé et se livre comme un contrepoint aux œuvres de Yan Pei-Ming et son portrait monumental de Mao ou à celles de Şerban Savu et de Vincent J.Stoker qui font remonter à la surface de leurs œuvres le souvenir d’autres régimes totalitaires qui ont usé de la même force visuelle pour asseoir leur pouvoir.
Enfin, le réalisateur Kamal Aljafari a choisi dans son film Paradisio, XXXI, 108 de tourner en dérision les images triomphalistes de la propagande militaire israélienne des années 60 et 70. Avec son allure de sketch satirique, le film donne l’impression que de grands enfants jouent à la guerre, à l’image du jeune garçon de la peinture d’Edi Hila qui semble jouer à un jeu bien trop grand pour lui.
Tout se passe comme si, finalement, dans ce monde tentaculaire de l’image, plus rien ne semble crédible, le réel devenant de plus en plus factice, recomposé, poussé à la marge.


Laure Forlay
Commissaire de l’exposition

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